mercredi 13 mai 2009
Laurent réagit à un commentaire d'Elsa
Que d’inepties dans cette réponse ! Les commentaires d’Elsa sont non seulement navrants, mais ils sont aussi très souvent hors-sujet. Prenons-les un par un.1) Quand je parle des moyens matériels, je ne parle nullement de décentralisation ou de privatisation… C’est une autre affaire, dont nous pourrions par ailleurs discuter. Je voulais simplement dire qu’aujourd’hui, un professeur d’Université qui veut faire cours n’en a pas les moyens matériels, tout simplement parce que la grève des BIATOSS le leur interdit, de même que les étudiants qui veulent étudier ne peuvent pas le faire. C’est une aberration !2) Pardonne-moi quant à l’excellence intellectuelle que tu accordes à la majorité des étudiants du comité. Je pense malheureusement que ce semestre a été pour eux une période de forte régression intellectuelle, étant donné qu’ils ont passé la majeure partie de leur temps à manifester, à huer nos profs, à nous empêcher d’avoir cours, et à parler pour ne rien dire lors d’assemblées générales qui ne sont pas démocratiques.3) Je suis vraiment navré que tu ne condamnes pas le procédé qui consiste à jeter des boules puantes dans les couloirs de la Sorbonne. Je pense effectivement que vous ne savez pas ce que vous faites, et c’est pour cela que je vous pardonne. À ce sujet, sache que je ne suis pas croyant, mais que cela ne m’empêche en aucune façon de citer la Bible, et de penser et de dire ce que je veux. Ce ne sont certainement pas de jeunes paltoquets de votre espèce qui vont commencer à me dicter mes faits et gestes ! Et arrête avec la laïcité : franchement, que vient-elle faire dans un débat sur les blocages, sur les statuts des enseignants-chercheurs et sur la masterisation ? Pourquoi s’énerver et renier des paroles de bon sens ? Je ne vois vraiment pas en quoi quelques références culturelles peuvent te gêner !4) Quant à l’expression « Et la lumière fut ! », elle me donne envie de te dire ceci. La lumière de l’esprit n’a visiblement pas illuminé les débats de vos AG en amphi Richelieu ! Vous n’avez inventé aucun nouveau concept depuis Marx ! Vous n’avez pas non plus inventé le bidon de deux litres ! Allons ! Réveillez-vous ! Commencez à penser par vous-mêmes ! Vous êtes des gens non seulement du passé mais aussi du passif, pour reprendre des expressions bien connues. Vous n’aurez pas votre année, ou bien vous l’aurez mais au rabais ! De plus, le gouvernement n’est pour l’instant pas prêt de reculer. C’est un échec complet ! Et pendant ce temps, vous continuez à renier impunément les libertés les plus fondamentales de notre République.5) Quant aux couloirs qui ne sont pas des « lieux de travail », permets-moi de te dire que c’est à cause de petits abrutis comme vous que nous sommes obligés de faire cours dans des couloirs ! Est-ce une raison pour jeter une boule puante comme des gamins ? Encore une fois, réveillez-vous ! Vous n’êtes plus au collège… vous êtes rentrés dans l’enseignement supérieur ! Et vous n’êtes dignes ni du premier terme ni du second.6) « Les moyens de protestation qui ne dérangent personne ne sont pas des moyens efficaces de protester », nous dis-tu. Dis-moi sincèrement si, après avoir dit cela, tu peux encore te regarder dans une glace et penser que tu es démocrate… Si la réponse est positive, je doute de ton état mental.7) « Ce sont effectivement de bons professeurs d’histoire » – je cite encore ta prose. L’expression est heureuse, mais elle me paraît fort déplacée et je dirais même qu’elle m’insupporte. La manière de t’exprimer ici est d’une arrogance folle. On n’a pas à juger nos professeurs, ni toi ni moi. Tout au plus peut-on dire qu’ils sont très bons, ce qui est presque une lapalissade. N’oublie pas que c’est à eux de nous juger, car c’est leur rôle – juger notre travail, bien évidemment, et non nous personnellement.8) Quant aux 40 professeurs qu’il y aurait eu derrière Jean-Noël Luc, pourquoi toujours travestir les chiffres ? Ils étaient à peine 20. Et d’ailleurs, si les enseignants grévistes avaient voulu venir, qui les en empêchait ? Cette réunion d’information n’était pas filtrée, contrairement à certaines de vos AG ! Et le courage, parlons-en ! Crois-tu vraiment qu’il est de nos jours plus courageux d’être du côté des bloqueurs que de notre côté ? Si tu le crois, pauvre de toi ! M. Pitte, pardonnez-leur ces quelques péchés véniels. Ces agités sabordent encore un peu plus une institution qui mériterait, au contraire, le soutien de tous. Y compris du gouvernement, j’en conviens tout à fait ! Savent-ils que l’on court tout droit au désastre, ou ne le savent-ils pas ? Je suis, quant à moi, intimement persuadé que les leaders syndicaux le savent très bien. La masse, elle, est peut-être pétrie de bonnes intentions… Mais la gravité de leurs actes réside dans le fait même qu’ils en ignorent les conséquences. 9) La Sorbonne d’Abu Dhabi : vaste programme ! En tout cas, cette annexe de la Sorbonne permet d’accroître le prestige de la France dans cette région du monde, elle permet d’accroître le prestige de nos intellectuels et de l’Université française. J’en suis personnellement très fier. Si vous refusez que l’on exporte l’excellence française – la vraie –, dites-le simplement et honnêtement.10) Concernant maintenant la question de l’IEP et des dirigeants d’un célèbre syndicat, permets-moi de te dire que tu es complètement hors-sujet. Je disais simplement qu’il était honteux qu’un diplômé de l’IEP de Paris – c’est-à-dire dont l’avenir est fort bien assuré – vienne s’inscrire en droit à Paris I pour paralyser l’institution universitaire, et ce une fois par an, ou bien – soyons honnête – une fois tous les deux ans ! Et ne viens pas me parler de « médiocrité », car je crois avoir suffisamment prouvé ici que j’étais pour le prestige de l’Université française en général et de la Sorbonne en particulier. Et ne viens surtout pas me chanter l’éternel refrain de l’égalité des diplômes entre la capitale et la province. Les étudiants des grandes écoles font régulièrement de la promotion pour l’établissement auquel ils appartiennent. Je trouve donc normal que les étudiants des universités promeuvent, eux aussi, l’établissement auquel ils appartiennent ! Et M. Pitte, en ce sens, ne faisait que défendre l’Université qu’il présidait. Quel affreux objectif en effet ! Où en est donc son cher successeur… ?11) « Nous n’avons empêché qu’un seul semestre » – je te cite toujours. Camarades étudiants, estimez-vous heureux, ils auraient pu faire bien pire !!! Un semestre ! De quoi vous plaignez-vous ? Un semestre, c’est somme toute bien peu quand on sait qu’il en faut deux pour valider son année… Quand arrêterez-vous de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas ? Parlez-nous franchement ! Dites que vous l’attendez, votre fameux grand soir ! Dites que, pour beaucoup d’entre vous, vous ne connaissez que très peu le véritable contenu des réformes et que vous n’obéissez qu’à des ordres de vos leaders syndicaux ! Vous n’êtes que des moutons, je dirais même des brebis galeuses ! Vous comprendrez donc que je cherche à vous éviter. Je ne serai jamais un mouton ; la liberté de l’esprit est d’ailleurs le pilier fondamental et même fondateur de notre Université. L’auriez-vous oublié ?12) Enfin, concernant les diplômes délivrés en 1968 ou en 2006 qui auraient la même valeur que les autres sur le marché du travail… Ils n’auraient pas « rebuté les employeurs ». J’avoue ne pas détenir la vérité sur le sujet et je pense que tu devrais également faire preuve d’humilité en disant, toi aussi, que tu n’en sais rien. C’est une question extrêmement complexe à laquelle de simples étudiants plus occupés à faire grève qu’à étudier ne savent certainement pas répondre. Mais mes modestes propos ne tendaient qu’à mettre le doigt sur un tout autre état de faits. À force de grèves et de blocages incessants, les diplômes universitaires, déjà fort peu prisés sur le marché du travail, ne peuvent que rebuter encore un peu plus les employeurs. C’est un processus à long terme qui consiste à ancrer certaines idées dans leurs esprits. De même que ces actions conduisent à long terme à ancrer des idées reçues – pas forcément toujours fausses – dans les esprits de l’ensemble de la société française, et même dans le monde entier. Les employeurs n’ont d’ailleurs pas forcément tort : au fond, pourquoi donner un emploi à de jeunes étudiants dont les années d’études sont déjà très courtes et qui, non contents de cette situation, cherchent à se faire examiner sur un seul semestre ? Vos actions, qu’on le veuille ou non, que vous en soyez conscients ou non, n’ont qu’un seul résultat à long terme : la dévalorisation de vos diplômes, et – ce qui est beaucoup plus injuste – la dévalorisation de nos diplômes. Je dis « beaucoup plus injuste » car ceux qui ne bloquent pas les universités n’ont pas à payer les pots cassés pour les vrais responsables de cette situation !13) « Jsentier, du 92 » : tes commentaires sont vraiment tout à fait passionnants ! Où as-tu puisé ta force d’inspiration ? En AG ou en manif ?14) Bref, sur ces bonnes paroles, je crois pouvoir dire que nos chemins se séparent ici d'une manière irrémédiable, mais soyez-en sûrs et gardez-le bien à l’esprit, vous me trouverez toujours du côté de la liberté. Vous n’êtes pas des résistants, je ne prétends pas moi-même en être un, mais sachez que, quel que soit le nombre de ceux qui luttent contre les blocages, je serai toujours des leurs. « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là» !
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RépondreSupprimerdésolée pour le message effacé, erreur de copier/coller.. Voici ce que je voulais poster.
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[Que d’inepties dans cette réponse !]
==> Petite remarque à l'intention de l'administrateur du blog : si Laurent répond à un de mes commentaires, pourquoi publier ceci en article ? Il serait beaucoup plus cohérent qu'il le publie en commentaire en réponse au mien. Chacun pourrait savoir de quoi il est question.
[Les commentaires d’Elsa sont non seulement navrants, mais ils sont aussi très souvent hors-sujet.]
==> Merci. Je ne pense pas avoir été méprisante de la sorte jusqu'ici.
[1) Quand je parle des moyens matériels, je ne parle nullement de décentralisation ou de privatisation… C’est une autre affaire, dont nous pourrions par ailleurs discuter.]
==> Il est totalement aberrant de critiquer les actions et exactions d'un mouvement contestataire sans prendre en considération ses motivations politiques. Bien des actes illégaux ont été finalement approuvés du fait de la justesse de la cause qu'ils servaient. Dois-je rappeler que prendre la Bastille pour armer les bras des révolutionnaires, c'était tout à fait illégal ?
[Je voulais simplement dire qu’aujourd’hui, un professeur d’Université qui veut faire cours n’en a pas les moyens matériels, tout simplement parce que la grève des BIATOSS le leur interdit, de même que les étudiants qui veulent étudier ne peuvent pas le faire. C’est une aberration !]
==> Je rappelle ici, et je le répèterai au besoin, que la grève est un droit du travail, obtenu par le combat des travailleurs avec la loi Ollivier de 1864. Autoriser la grève, c'est donner le droit aux travailleurs de renoncer à leur salaire en échange d'une cessation de travail. Cette cessation de travail est leur seul moyen de pression économique sur leurs employeurs. Il est donc antidémocratique de se déclarer contre le droit de grève des salariés, quels qu'ils soient. Les BIATOSS étant chargés de l'ouverture et de la maintenance des locaux, leur grève empêche nécessairement le déroulement normal des cours.
[2) Pardonne-moi quant à l’excellence intellectuelle que tu accordes à la majorité des étudiants du comité. Je pense malheureusement que ce semestre a été pour eux une période de forte régression intellectuelle, étant donné qu’ils ont passé la majeure partie de leur temps à manifester, à huer nos profs, à nous empêcher d’avoir cours, et à parler pour ne rien dire lors d’assemblées générales qui ne sont pas démocratiques.]
==> A titre indicatif, j'ai passé toutes mes soirées et mes vacances à travailler les cours du semestre précédents, les bibliographies, et à rendre les devoirs écrits exigés par les professeurs, non que je craigne pour mon semestre - je suis consciente de ce que je risque - mais parce que je ne suis pas étudiante par hasard, et que le travail intellectuel est une des mes passions. A mon avis, discuter des modalités d'un mouvement sans réfléchir un seul instant à ses contestations politiques est une preuve de pauvreté intellectuelle. Enfin, je suppose que tu ne t'es pas tenu au courant de la quantité de cours alternatifs, conférences, débats et autres réunions de réflexion qui se sont tenus depuis le début de la grève, et même dès la fin du premier semestre.
[3)Je suis vraiment navré que tu ne condamnes pas le procédé qui consiste à jeter des boules puantes dans les couloirs de la Sorbonne.]
==> Cf. supra : aucun intérêt à condamner des procédés - tant que ça ne reste que des délits mineurs - sans prendre en considération le but poursuivi.
[Je pense effectivement que vous ne savez pas ce que vous faites, et c’est pour cela que je vous pardonne. À ce sujet, sache que je ne suis pas croyant, mais que cela ne m’empêche en aucune façon de citer la Bible, et de penser et de dire ce que je veux.]
==> Certainement. Je trouvais juste cela un peu choquant que tu reprennes une des sept paroles du Christ en croix à notre égard. Je ne pense pas que l'image du Christ crucifié corresponde à ta situation actuelle.
[Ce ne sont certainement pas de jeunes paltoquets de votre espèce qui vont commencer à me dicter mes faits et gestes !]
==> Une insulte savante n'en reste pas moins une insulte.
[Et arrête avec la laïcité : franchement, que vient-elle faire dans un débat sur les blocages, sur les statuts des enseignants-chercheurs et sur la masterisation ? Pourquoi s’énerver et renier des paroles de bon sens ? Je ne vois vraiment pas en quoi quelques références culturelles peuvent te gêner !]
==> Je ne suis pas contre les références bibliques utilisées à bon escient. J'étais juste choquée de constater, comme je l'ai dit plus haut, que tu trouves cette parole adaptée à ta position.
[4) Quant à l’expression « Et la lumière fut ! », elle me donne envie de te dire ceci. La lumière de l’esprit n’a visiblement pas illuminé les débats de vos AG en amphi Richelieu !]
==> L'expression "Et la lumière fut", que j'avais assortie d'un point d'interrogation, et non d'exclamation, visait à tourner en ridicule l'emploi de la parole biblique que tu avais fait. Et je répète que les AG ne sont pas parfaites, loin de là ; mais connais-tu un autre lieu où chacun peut prendre la parole devant 600 étudiants pendant 3 minutes pour exprimer ce qu'il veut ?
[Vous n’avez inventé aucun nouveau concept depuis Marx ! Vous n’avez pas non plus inventé le bidon de deux litres !]
==> Je rappelle à tous les étudiants non historien que le marxisme en tant que tel n'est plus défendu par aucun mouvement politique en France. Le marxisme-léninisme peut encore l'être, mais sur la base d'une réflexion importante : personne n'est assez stupide pour penser que les idées de Marx ou de Lénine, qui datent du XIXème siècle, peuvent s'appliquer telles quelles au XXIème siècle...
[Allons ! Réveillez-vous ! Commencez à penser par vous-mêmes ! Vous êtes des gens non seulement du passé mais aussi du passif, pour reprendre des expressions bien connues.]
==> Tu nous trouves passifs ?! Quand au passé, s'il s'agit de croire en la valeur d'une éducation républicaine gratuite et ouverte à tous, alors, je suis résolument du passé.
[Vous n’aurez pas votre année, ou bien vous l’aurez mais au rabais !]
==> Cela ne m'inquiète pas. Nous aurons tous, d'ailleurs, puisque nous ne sommes pas les seuls concernés, un diplôme en 5 semestres. Il est inutile de chercher à tout prix à "sauver" une année : est-ce sauver un semestre qu'assurer des examens bidon sur deux heures de cours tenues dans un café ? Quand au rabais, je veux bien perdre un semestre d'étude si c'est pour défendre ce en quoi je crois. C'est un sacrifice que j'ai fait en connaissance de cause.
[De plus, le gouvernement n’est pour l’instant pas prêt de reculer. C’est un échec complet !]
==> On verra.
[Et pendant ce temps, vous continuez à renier impunément les libertés les plus fondamentales de notre République.]
==> C'est drôle que tu défendes le droit d'aller en cours (qui n'est spécifié nulle part, si je ne m'abuse, mais que la coutume a établi à raison) mais pas le droit de grève. Quelle image as-tu des libertés républicaines ?
[5) Quant aux couloirs qui ne sont pas des « lieux de travail », permets-moi de te dire que c’est à cause de petits abrutis comme vous que nous sommes obligés de faire cours dans des couloirs !]
==> Ou alors, vous auriez pu réfléchir avec votre professeur sur les raisons d'une telle situation. Et encore une injure, au passage.
[Est-ce une raison pour jeter une boule puante comme des gamins ? Encore une fois, réveillez-vous ! Vous n’êtes plus au collège… vous êtes rentrés dans l’enseignement supérieur ! Et vous n’êtes dignes ni du premier terme ni du second.]
==> Merci pour cette insulte. Ça devient lassant. Je pense à ce propos que le travail d'un modérateur de blog est de veiller à la qualité des textes et au respect des participants.
[6) « Les moyens de protestation qui ne dérangent personne ne sont pas des moyens efficaces de protester », nous dis-tu. Dis-moi sincèrement si, après avoir dit cela, tu peux encore te regarder dans une glace et penser que tu es démocrate… Si la réponse est positive, je doute de ton état mental.]
==> Bravo, on en vient à mon état mental. Et bien, je trouve que la démocratie actuelle a de graves lacunes. Le modèle du président omnipotent s'éloigne de l'idéal d'une république démocratique. L'absence de dialogue entre les élites dirigeantes et la population me semble être un grave problème actuel. Je ne vois pas ce que trois décrets mis en place sans vote (ni même consultation des personnes concernées) par un ministère qui n’est pas élu mais nommé ont de démocratique. Surtout lorsque la communauté universitaire fait état depuis six mois de leur aberrance.
Par ailleurs, j’ai constaté concernant ce mouvement que les moyens habituels et démocratiques de protestation – manifestations, grèves, pétitions, lettres ouvertes… n’avaient absolument aucun impact sur la politique du gouvernement. Je précise donc ma pensée : « Les moyens de protestation qui ne dérangent personne n’ont pas suffit cette fois-ci, et ce malgré leur ampleur ».
[7) « Ce sont effectivement de bons professeurs d’histoire » – je cite encore ta prose. L’expression est heureuse, mais elle me paraît fort déplacée et je dirais même qu’elle m’insupporte. La manière de t’exprimer ici est d’une arrogance folle. On n’a pas à juger nos professeurs, ni toi ni moi. Tout au plus peut-on dire qu’ils sont très bons, ce qui est presque une lapalissade. N’oublie pas que c’est à eux de nous juger, car c’est leur rôle – juger notre travail, bien évidemment, et non nous personnellement.]
==> Il me semble évident que tout système pédagogique digne de ce nom doit garantir le niveau des professeurs qu'il propose. Il me semble tout à fait évident qu'il existe malgré cela de mauvais professeurs. On peut être un excellent savant, et un mauvais pédagogue. Je rappelle d'ailleurs que le décret sur la masterisation prévoit une réduction dramatique de la formation pédagogique des futurs professeurs.
[8) Quant aux 40 professeurs qu’il y aurait eu derrière Jean-Noël Luc, pourquoi toujours travestir les chiffres ? Ils étaient à peine 20.]
==> Tu as raison, je n’avais pas compté, mais 20, c’est déjà largement suffisant.
[Et d’ailleurs, si les enseignants grévistes avaient voulu venir, qui les en empêchait ?]
==> Ils étaient devant afin d'avoir une chance de saisir le micro pour s'exprimer.
[Cette réunion d’information n’était pas filtrée, contrairement à certaines de vos AG !]
==> J'aimerai voir cela. Si nous filtrions nous AG, laisserions-nous passer les RG, qui sont pourtant au courant dans la minute de nos moindres décisions ? Par ailleurs, j'ai vu clairement ce jour là un professeur gréviste se faire refuser à trois reprises le micro.
[Et le courage, parlons-en ! Crois-tu vraiment qu’il est de nos jours plus courageux d’être du côté des bloqueurs que de notre côté ? Si tu le crois, pauvre de toi ! M. Pitte, pardonnez-leur ces quelques péchés véniels.]
==> Non, je ne le pense pas. Au contraire, j'ai déjà insisté sur le courage de ceux qui prenait la parole contre la grève en AG. Quant à M. Pitt, je n'ai cure qu'il me pardonne, d'autant qu'il n'est plus président de l'université. Je ne vois pas comment on pourrait lui pardonner la vente de la Sorbonne à Abu Dhabi (http://leblogdeleducation.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/04/27/etrange-mic-mas-autour-de-la-sorbonne-a-abu-dhabi.html ).
[Ces agités sabordent encore un peu plus une institution qui mériterait, au contraire, le soutien de tous. Y compris du gouvernement, j’en conviens tout à fait ! Savent-ils que l’on court tout droit au désastre, ou ne le savent-ils pas ? Je suis, quant à moi, intimement persuadé que les leaders syndicaux le savent très bien.]
==> Mais de quel désastre parles-tu ? Et de quels leaders syndicaux parles-tu ? Le désastre, ce sont ces décrets, et le désengagement de l'état dans les universités.
[La masse, elle, est peut-être pétrie de bonnes intentions… Mais la gravité de leurs actes réside dans le fait même qu’ils en ignorent les conséquences.]
==> J'en suis consciente, des conséquences : je risque mon semestre et ma licence. Ce n'est pas un désastre, c’est juste vraiment très difficile.
[9) La Sorbonne d’Abu Dhabi : vaste programme ! En tout cas, cette annexe de la Sorbonne permet d’accroître le prestige de la France dans cette région du monde, elle permet d’accroître le prestige de nos intellectuels et de l’Université française. J’en suis personnellement très fier. Si vous refusez que l’on exporte l’excellence française – la vraie –, dites-le simplement et honnêtement]
==> Je refuse qu'on la vende à prix d'or et sous réserve d'exclusivité. L'excellence de l'enseignement français, ce n'est pas que la Sorbonne. L’excellence de l’enseignement français se fonde aussi sur son fondement non lucratif. Réserver ainsi ses contrats par des clauses secrètes, le tout à prix d'or, comme l'a fait M. Pitt, c'est effroyable.
[.10) Concernant maintenant la question de l’IEP et des dirigeants d’un célèbre syndicat, permets-moi de te dire que tu es complètement hors-sujet. Je disais simplement qu’il était honteux qu’un diplômé de l’IEP de Paris – c’est-à-dire dont l’avenir est fort bien assuré – vienne s’inscrire en droit à Paris I pour paralyser l’institution universitaire, et ce une fois par an, ou bien – soyons honnête – une fois tous les deux ans !]
==> Il s'inscrit pour venir étudier, tout simplement. Je ne crois pas à la théorie du complot qui voudrait qu’un étudiant en IEP vienne soulever les masses étudiantes une fois tous les deux ans pour son bon plaisir. Je pense que les masses étudiantes sont assez grandes pour se soulever toutes seules. Et je ne défends aucun syndicat.
[Et ne viens pas me parler de « médiocrité », car je crois avoir suffisamment prouvé ici que j’étais pour le prestige de l’Université française en général et de la Sorbonne en particulier. Et ne viens surtout pas me chanter l’éternel refrain de l’égalité des diplômes entre la capitale et la province. Les étudiants des grandes écoles font régulièrement de la promotion pour l’établissement auquel ils appartiennent. Je trouve donc normal que les étudiants des universités promeuvent, eux aussi, l’établissement auquel ils appartiennent !]
==> Certes...
[Et M. Pitte, en ce sens, ne faisait que défendre l’Université qu’il présidait. Quel affreux objectif en effet ! Où en est donc son cher successeur…]
==> Ou alors, il ne faisait que s'assurer le monopole de la "mine d'or" que constitue, selon ses propres dires, "la marque Sorbonne".
[11) « Nous n’avons empêché qu’un seul semestre » – je te cite toujours. Camarades étudiants, estimez-vous heureux, ils auraient pu faire bien pire !!! Un semestre ! De quoi vous plaignez-vous ? Un semestre, c’est somme toute bien peu quand on sait qu’il en faut deux pour valider son année…]
==> Tu disais juste que nous avons sacrifié une année de cours. Je corrigeais.
[Quand arrêterez-vous de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas ? Parlez-nous franchement ! Dites que vous l’attendez, votre fameux grand soir ! Dites que, pour beaucoup d’entre vous, vous ne connaissez que très peu le véritable contenu des réformes et que vous n’obéissez qu’à des ordres de vos leaders syndicaux ! Vous n’êtes que des moutons, je dirais même des brebis galeuses ! Vous comprendrez donc que je cherche à vous éviter. Je ne serai jamais un mouton ; la liberté de l’esprit est d’ailleurs le pilier fondamental et même fondateur de notre Université. L’auriez-vous oublié ?]
==> Encore des insultes, à ce que je constate. Je ne suis pas syndiquée, dans le but précisément de préserver ma liberté de penser. Je ne me sens pas concernée par ce que tu dis. Et je n’ai empêché personne de penser ce qu’il voulait.
[12) Enfin, concernant les diplômes délivrés en 1968 ou en 2006 qui auraient la même valeur que les autres sur le marché du travail… Ils n’auraient pas « rebuté les employeurs ». J’avoue ne pas détenir la vérité sur le sujet et je pense que tu devrais également faire preuve d’humilité en disant, toi aussi, que tu n’en sais rien. C’est une question extrêmement complexe à laquelle de simples étudiants plus occupés à faire grève qu’à étudier ne savent certainement pas répondre.]
==> Sauf que ces « simples étudiants » sont plus curieux et plus intéressés que toi, et font des recherches. Voici quelques exemples des carrières de participants plus ou moins connus du mouvement de mai 68 : Philippe Barret est chevalier de la légion d’honneur et officier des Palmes académiques ; Roland Castro est chevalier de la légion d’honneur et architecte ; Christian Charret est énarque et présentateur télé ; Cohn-Bendit est parlementaire européen ; Gérard Filoche est inspecteur du travail ; Alain Geismar est inspecteur général de l’éducation nationale et conseiller du maire de Paris ; Tiennot Grumbach est avocat ; Christian Harbulot est lieutenant-colonel de réserve, chargé de cours en économie pour l’armée de terre ; Serge July est le fondateur (et directeur jusqu’en 2006) de Libération ; Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères du gouvernement Fillon ; Marc Kravetz, chef du service étranger à Libération ; Blandine Kriegel est agrégée de philosophie ; Alain Krivine a précédé Besancenot à la tête de son parti ; Benny Lévy a été le secrétaire de Jean Paul Sartre puis est devenu rabin ; Edwy Plenel a été directeur de la rédaction du Monde jusqu’en 2008 ; Jacques Sauvageot est directeur de l’école des Beaux-Arts de Rennes ; Henri Vacquin dirige un cabinet de DRH et est chevalier de la Légion d’honneur ; Henri Weber est enseignant en sciences politiques au cabinet de Fabius.
[Mais mes modestes propos ne tendaient qu’à mettre le doigt sur un tout autre état de faits. À force de grèves et de blocages incessants, les diplômes universitaires, déjà fort peu prisés sur le marché du travail, ne peuvent que rebuter encore un peu plus les employeurs. C’est un processus à long terme qui consiste à ancrer certaines idées dans leurs esprits. De même que ces actions conduisent à long terme à ancrer des idées reçues – pas forcément toujours fausses – dans les esprits de l’ensemble de la société française, et même dans le monde entier.]
==> Mais malgré cet état de fait, les étudiants étrangers continuent de venir en France. D’après les derniers chiffres de l’American Council on Education (http://www.acenet.edu/AM/Template.cfm?Section=Home) , la France est toujours le 4ème pays d’accueil au monde concernant les étudiants étrangers, derrière les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Entre 1999 et 2004, elle est passée de 8% des étudiants du monde à 10%. Le pourcentage d’élèves étrangers sur le total des élèves des universités françaises est en constante évolution (de 9,4% en 1990 à 11,7% en 2007, source : http://media.education.gouv.fr/file/28/3/6283.pdf) Force est de constater que les grèves prétendument permanentes de l’enseignement supérieur français ne rebutent pas les élèves étrangers.
Quand à la baisse des effectifs des universités dont on nous rebat les oreilles, vous constaterez en visitant ce lien (http://media.education.gouv.fr/file/29/2/6292.pdf) qu’elle n’a rien d’extraordinaire comparée à la baisse des années 1997-1999 et que les effectifs fluctuent de façon non homogène.
[Les employeurs n’ont d’ailleurs pas forcément tort : au fond, pourquoi donner un emploi à de jeunes étudiants dont les années d’études sont déjà très courtes et qui, non contents de cette situation, cherchent à se faire examiner sur un seul semestre ? Vos actions, qu’on le veuille ou non, que vous en soyez conscients ou non, n’ont qu’un seul résultat à long terme : la dévalorisation de vos diplômes, et – ce qui est beaucoup plus injuste – la dévalorisation de nos diplômes. Je dis « beaucoup plus injuste » car ceux qui ne bloquent pas les universités n’ont pas à payer les pots cassés pour les vrais responsables de cette situation !]
==> En consultant cette page : http://media.education.gouv.fr/file/31/4/6314.pdf, vous constaterez, chiffres gouvernementaux à l’appui, que le taux de chômage parmi les diplômés des universités de l’année scolaire 2005-2006 (c'est-à-dire l’année de la grève du CPE) était en baisse par rapport à celui de l’année précédente…
[13) « Jsentier, du 92 » : tes commentaires sont vraiment tout à fait passionnants ! Où as-tu puisé ta force d’inspiration ? En AG ou en manif ?]
==> Je suis d’accord que Jsentier n’écrit rien de constructif.
[ « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là» !]
==> Si tu veux. Toujours est-il que si ton prochain message contient autant de propos insultants à mon égard, je ne prendrais même pas la peine d’y répondre.
Laurent,
RépondreSupprimertoi au moins tu n'as pas le tort de t'appeler Georges-Etienne.