vendredi 8 mai 2009
Un message de Laurent aux bloqueurs
Non, les Assemblées générales ne sont pas démocratiques ! Elles ne l'ont jamais été depuis mai 68. Seulement, nous ne sommes pas au Soviet suprême, mais à la Sorbonne ! Nous ne sommes pas des révolutionnaires... nous ne sommes que des étudiants. Nous ne sommes pas là pour préparer le grand soir, mais simplement pour étudier. De même que nos professeurs sont là pour enseigner. Ce qui est encore - permettez-moi de le penser, malgré le contexte actuel - le plus beau métier du monde ! Mais à condition d'en avoir les moyens matériels, et surtout à condition d'avoir un auditoire attentif et respectueux. Bref, un auditoire d'étudiants, et non de marxistes-léninistes qui sont tout sauf des démocrates.J'étais à ce fameux cours d'anglais où une boule puante a été jetée en plein milieu du couloir. Et j'aimerais entendre "elsa_gou" condamner ce genre de procédés qui consistent à détruire l'outil de travail de personnes dont les convictions sont, ma foi, tout aussi respectables que les vôtres.Je suis démocrate et je respecte vos opinions, même si je les combats vigoureusement. En revanche, je ne respecte pas vos méthodes. Elles sont affligeantes, dégradantes pour l'institution à laquelle nous appartenons et où nous avons une place à part entière à occuper. Pendant combien de temps encore devrons-nous supporter cette situation ? J’ai assisté à cette fameuse réunion d'information au cours de laquelle nos plus brillants professeurs (MM. Barjot, Forcade, Luc...) ont été hués, vilipendés, sifflés ! Quelle honte pour notre Université ! Mais quel courage ont-ils eu de braver les quolibets et les bassesses de quelques enragés, de quelques irréductibles qui, pour certains, n'étaient même pas inscrits en histoire !Entre nous, je crois vraiment que notre salut dépend plus de M. Pitte - que nous devrions rappeler instamment - que de syndicats dont le seul objectif est de préparer une belle carrière dans un parti politique bien connu. L'un d'eux est même aujourd'hui adjoint au maire de Paris ! Beau parcours ! Celui de son successeur est tout aussi édifiant. Son avenir est en effet fort bien assuré puisqu'il sort de l'IEP de Paris. Mais cela ne l'empêche en aucune façon de s'inscrire à Paris I pour venir saborder l'institution universitaire. Peut-être est-il un agent de M. Descoings, dont le parcours est, lui aussi, absolument remarquable par son courage et sa force de conviction… Étudiants de France, inspirez-vous de ces gens-là : ils font bel et bien partie de l'élite dès le berceau, et il est hors de question dans leurs esprits de vous en ouvrir les portes ! Je m'éloigne certes du sujet, mais ce n'est que pour mieux y revenir.Non ! Je ne me rendrai certainement pas à vos AG pour me faire insulter, pour me faire injurier par des individus qui n'en valent pas la peine, et qui ne défendent que des intérêts particuliers. Comment peut-on croire que l'on sauve l'Université en sacrifiant une année entière et en dévalorisant considérablement les diplômes qu'elle délivre ?Non ! Vous ne méritez plus que l'on accorde un quelconque crédit à cette parodie de débat démocratique ! Vous mériteriez que l'on vous méprise, et pourtant, j'ai envie de crier bien haut : Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font
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[Mais à condition d'en avoir les moyens matériels, et surtout à condition d'avoir un auditoire attentif et respectueux.]
RépondreSupprimer==> Moyens matériels jusqu'à présents garantis de façon équitable à toutes les universités par la tutelle gouvernementale, mais désormais en péril par la décentralisation et la privatisation des subventions des facultés.
Quant à l'auditoire attentif et respectueux.. Certes. La majorité des étudiants du comité de mobilisation sont d'excellents élèves. Et la plupart des pédagogues actuels s'accordent sur le fait que le cours magistral ("attentifs et respectueux" indique ce type de cours) n'est pas suffisant (cf. nécessité des TD).
[Et j'aimerais entendre "elsa_gou" condamner ce genre de procédés qui consistent à détruire l'outil de travail de personnes dont les convictions sont, ma foi, tout aussi respectables que les vôtres.]
==> coucou, c'est moi ! Euh.. Bon. Vous voulez que je condamne les boules puantes ? Je ne trouve pas ça correct de tenir des cours dans les couloirs. Les couloirs ne sont pas des "outils de travail", à vrai dire même pas des "lieux de travail" : ce sont des lieux de passage. Si les sales sont fermées, ce n'est pas parce que ça nous fait plaisir, ce n'est pas pour vous embêter, ce n'est pas pour faire joli, ce n'est pas parce que nous sommes des branleurs, c'est parce que les BIATOSS font grève et que les étudiants mobilisés font des printemps des chaises.
Les moyens de protestation qui ne dérangent personne ne sont pas des moyens efficaces de protester. Mais de toute façon, je préfère nettement le blocage aux boules puantes.
[J’ai assisté à cette fameuse réunion d'information au cours de laquelle nos plus brillants professeurs (MM. Barjot, Forcade, Luc...) ont été hués, vilipendés, sifflés ! Quelle honte pour notre Université ! Mais quel courage ont-ils eu de braver les quolibets et les bassesses de quelques enragés, de quelques irréductibles qui, pour certains, n'étaient même pas inscrits en histoire]
==> ce sont effectivement de bons professeurs d'histoire. Mais cette réunion d'information était un bon exemple de "manipulation", de "propagande", et je m'étonne que vous n'ayez pas fait l'analyse. Lorsqu'il y a 40 personnes sur une tribune, qui indiquent clairement de quel côté elles se positionnent, il y a beaucoup moins de courage à s'exprimer que lorsqu'on prend, seul, le micro. Lorsqu'on fait signer une motion par 62 professeurs, on ne peut parler au nom de l'intégralité de la communauté étudiante et professorale de l'UFR d'histoire. Et enfin, lorsqu'on commence une réunion d'information par la diffusion d'une motion manifestement politiquement engagée, on ne fait pas de l'information - quasi rien n'a d'ailleurs été dit sur les examens et la fin du semestre - on fait de la politique.
[notre salut dépend plus de M. Pitte]
==> celui qui a dit : "Avec la marque Sorbonne, on dort sur une mine d’or" ? (pour en savoir plus sur la vente de la Sorbonne à Abu Dhabi : http://leblogdeleducation.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/04/27/etrange-mic-mas-autour-de-la-sorbonne-a-abu-dhabi.html )
[L'un d'eux est même aujourd'hui adjoint au maire de Paris ! Beau parcours ! Celui de son successeur est tout aussi édifiant. Son avenir est en effet fort bien assuré puisqu'il sort de l'IEP de Paris. Mais cela ne l'empêche en aucune façon de s'inscrire à Paris I pour venir saborder l'institution universitaire. Peut-être est-il un agent de M. Descoings, dont le parcours est, lui aussi, absolument remarquable par son courage et sa force de conviction…]
==> Un étudiant qui sort de l'IEP de Paris, est-ce si étrange ? Les étudiants n'auraient le droit qu'à la médiocrité ?
Et puis, sortir de l'IEP, c'est faire mieux que Nicolas Sarkozy.. Qui n'a pas obtenu son diplôme de sortie de Sciences Po, qu'on se le dise.
[Comment peut-on croire que l'on sauve l'Université en sacrifiant une année entière et en dévalorisant considérablement les diplômes qu'elle délivre ?]
==> C'est flatteur, mais nous n'avons empêché qu'un seul semestre, pour le moment :) Et dévaloriser un semestre de licence, ce n'est ni dévaloriser toute la licence (au niveau des contenus, les élèves font d'ailleurs rarement la même chose en master et en licence)ni condamner les étudiants au chômage. La valeur du nom "Sorbonne" sur le diplôme, Pitt l'a fait suffisamment payer. Et les diplômes délivrés en 68, comme en 2006 lors du CPE, n'ont pas rebuté les employeurs.
[Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font ]
==> Et la lumière fut ? Je ne pense pas que la parole biblique ait son mot à dire dans un débat sur l'éducation de la République laïque.
Laurent,
RépondreSupprimerje voulais te lire, et puis en fait ton message est vraiment trop long, et là il faut que je refile bloquer. Envoie-moi un résumé STP!